Hygiene alimentaire, Naturopathie

Il me manque une case.

Un article un peu plus personnel pour illustrer la différence entre les régimes minceurs et une hygiène de vie équilibrée. Si vous entreprenez un rééquilibrage alimentaire, que vous avez quelques kilos à perdre, que l’alimentation peut être pour vous une prise de tête ou alors que vous vous intéressez à votre santé je vous invite à lire la suite.

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L’alimentation s’inscrit dans chacune de nos histoires, elle est singulière à chacun, le rapport à la nourriture fait partie de notre éducation et de notre chemin de vie. Il est évident que le repas évoque à chacun quelque chose, vous êtes vous déjà posez la question : que m’évoque le fait de manger? Pourquoi je mange?

Dans mon parcours l’alimentation est avant tout familiale, c’est un souvenir commun, à la maison avec mes parents, avec des proches, puis la cantine ou le self puis les restaurants entre ami(e)s. Je n’ai jamais été investie en cuisine petite, pour moi ce que je mangeais était lié aux courses que faisaient mes parents ou alors au jardin que tenait mon papi. Je me souviens encore lui avoir posé la question : il est où le lapin? (celui que j’affectionnais tant aller voir dans sa petite cage au fond du jardin tous les jours) et avoir eu un long silence en réponse. Puis mon frère : « bah tu l’as mangé hier soir »…

Les choses ont changé quand j’ai commencé à vivre seule pour mes études. J’achetais les basiques que j’avais l’habitude de voir dans le frigo chez mes parents (des produits laitiers : fromage, yaourt, du jambon, des surimis,…) et l’on m’offrait des plats faciles et rapides pour une étudiante à réchauffer au micro-onde. La plupart des légumes que je prenais se résumaient à des tomates, des avocats, de la salade verte, et quand je sortais de mes habitudes ils finissaient généralement à la poubelle parce qu’ils avaient eu quelques jours pour pourrir au fond de mon bac à légumes. Il devenait pratique d’acheter un truc rapide à manger sur le chemin des cours ou de se faire des mac do avec une copine. Sans compter les sorties le week-end. J’ai commencé à me sentir moins bien dans ma peau, à prendre du poids (un peu je n’ai jamais été en surpoids de façon importante mais j’étais grasse) et ce malgré le fait que j’eus été régulière dans la pratique d’exercices. J’allais de temps en temps dans une salle faire des circuits sur des machines. Puis j’ai commencé à faire de l’eczéma, des plaques importantes, sur tout le corps et j’ai finis en cure thermale pour m’en débarrasser après cortisone, immunosuppresseurs locaux, traitements UV. Dans le même temps je testais les régimes minceurs que ma mère essayait, avec la promesse de perdre 4 kilos en une semaine, facile : arrêter de manger et boire du bouillon. Alors à 19 ans on les perd très vite et on les reprend maxi vite derrière aussi avec souvent un gain d’un en extra.

Quand je suis sortie de ma première cure j’étais toute neuve, je rentrais dans la vie active. Par la suite, mon alimentation était plus instinctive. J’étais revenue vivre dans ma région et je vivais chez mes parents au début donc tout était rééquilibré. Puis je me suis installée plus ou moins seule. Les petits tracas du cœur nous éloigne de la faim, je bossais bien, je sortais, j’ai repris un peu de sport et les kilos se sont mis à fondre  : quelle magie! A trop y prendre goût j’ai commencé à regarder les kilos de près sur la balance, « à faire attention ». Alors quand tu te mets à prendre une salade au lieu des frites au Mac do et bien tes copines se demandent de quoi tu peux bien être malade. J’ai donc entamé ma phase je mange mais juste assez pour rentrer dans du 36.

Puis j’ai tout claqué et je suis partie à l’étranger. Nouveau terrain de jeux, nouvelles sorties, nouvelles rencontres. Alors les anglais que j’ai rencontré à ce moment là étaient très loin de : je mange pour rentrer dans du 36. C’était plutôt je mange pour le plaisir, ce qu’on aime, quand on aime. Sans compter que j’étais terrorisée par la gazinière que l’on avait dans notre vieille maison pour la collocation, du coup les barquettes en plastique sont devenues mes amies. Et toujours malgré une présence d’activité physique les kilos perdus ont commencé à revenir. Puis j’ai rencontré mon mari et une amie fantastique que je vois peu maintenant mais qui a changé ma vision de l’alimentation et surtout qui m’a offert à réfléchir, donné envie de lire, et avant tout prendre soin de ma santé. Je vous laisse le lien vers son site (anglophone) : https://thankyoulife.co.uk/

Jusque là j’avais mangé pour maigrir, mangé pour la fête, mangé vite et rapide, mangé pratique, mais je n’avais jamais mangé pour vivre. Je n’avais jamais conscientisé mon alimentation et son impact sur qui je suis, comment je vis. Je n’avais jamais fait le lien entre l’alimentation et l’équilibre personnel. J’ai appris en l’observant et en l’écoutant. Et en mangeant. J’ai découvert la culture indienne, l’alimentation végétarienne, le mariage des épices, des racines comme le curcuma ou le gingembre et leurs incroyables effets sur la santé. J’ai voyagé, expérimenté, et lu. Beaucoup lu. Se nourrir l’esprit, et comprendre l’impact de l’alimentation sur notre santé est primordiale pour opérer un changement dans son quotidien. Toutes ces notions et ce savoir a grandi quand j’ai entamé une formation pour devenir infirmière.

Alors j’ai eu toutes les phases. J’ai commencé à éliminer certains produits pour voir l’impact sur mon organisme, les produits laitiers en premier, puis les gros poissons et les crevettes, la viande ensuite. Et là je me suis auto proclamée végétarienne. Puis poussant plus loin la démarche et la réflexion toujours basée sur les lectures, des recherches, j’ai retiré tout ce qui était animal,  pour eux, l’éthique, l’écologie,… Et puis un jour j’ai remangé de la viande, on n’était pas à la maison, le repas préparé était fantastique, les aliments choisis avec soin. Et j’ai culpabilisé, puis j’ai réfléchi encore.

Finalement j’en suis arrivée à la conclusion que c’était de la putain de psychothérapie de riche. Non mais sérieux! Est ce qu’on a déjà eu faim? Non mais je veux dire vraiment faim? parce qu’on connaît le manque de sucre, la fatigue, le ventre qui gargouille et hop on ouvre le frigo. Mais la faim? la vraie, celle qui te rappelle que tu n’as pas mangé depuis plusieurs jours et que tu ne sais pas quand viendra le prochain repas. Parce que je pense que si on connaissait cette faim que vivent plusieurs dizaines de milliers de personnes pendant que je claque 100 euros chez Biocoop on n’aurait pas le même discours, on ne se mettrait pas dans des cases : pescitarien, végétarien, végétalien, omnivore, flexitarien,…??? non mais qu’est ce qui ne va pas chez nous? On respecterait ce qui nous est offert et on mangerait sans discuter. Je pense qu’il est juste temps de respecter la nourriture, de se concentrer sur l’essentiel des choses les plus simples et de retrouver son instinct. Purée mais que te dis ton instinct? de savourer du E150d et de lécher le plastique? De foutre tes crocs dans le cou d’un bœuf? Le mien se tourne sur l’expérience de mes grands parents, des arrières grand parents, sur la terre qui nous entoure, c’est elle qui nourrit, pas Danone les gars. Alors mon instinct se tourne vers ce qui est vrai, entier, réel, qui pousse, qui fleurit, qui nourrit. Et pas besoin d’être naturo, diététicien, nutritionniste, chef cuisinier, c’est à la portée de tout le monde de revenir à de la simplicité dans son assiette, de prendre un peu de temps et de s’éloigner du transformé. Eteins ta télé, pour toi et tes proches et passe un peu plus de temps en cuisine, je pense que c’est respecter la vie que de consacrer un peu de son temps, de son savoir, à ce qui justement nous maintiens en vie.

Et alors là plus de régimes minceurs, plus de cases alimentaires, plus d’achats inconscients en grande surface, moins de gachis, … T’oublies que tu es gros ou mince ou juste pas comme t’aimerais être parce qu’en fait tu es comme t’es et ton corps petit à petit s’équilibre, la nature est merveilleuse quand on lui offre le respect.

Virginie

5 réflexions au sujet de “Il me manque une case.”

  1. En lisant ton article, je me dis, c’est vrai elle a raison. D’autant plus que je suis en plein dedans! Et puis quand je regarde mon parcours à moi et bah je me dis que ce n’est pas si évident et ça ne le sera certainement jamais.
    Le rapport à la nourriture, est propre à chacun, c’est sur.
    Peut être est ce facile d’aller dans les grandes surfaces et de prendre des produits industriels. C’est pour la majorité, continuer à faire ce qu’on a vu étant petit. Peu de gens opère un gros changement comme tu le fais, (tu le fais divinement bien) parce qu’il ne remet pas en cause que l’alimentation mais un mode de vie. Qu’on ne connait pas.
    Et parfois, malgré l’envie, pour certaine personne c’est très dur, presque impossible de sauter ce pas.
    Je n’ai qu’un millième de tes connaissances en matière d’alimentation, de manger sain. Mais je sais très bien la différence entre un régime alimentaire et un mode de vie. Et parfois pour passer à l’un je pense, qu’il faut être passé par l’autre… Mais ce n’est que mon avis.
    Bisous copine

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    1. Je suis d’accord avec toi et pour le coup je suis vraiment passée par plein de stades et passée par le régime minceur à un moment de ma vie pour arriver à l’hygiène de vie (pas toujours parfaite) que l’on a aujourd’hui. Regarder avec du recul c’est intéressant et j’oublie de dire que ça va faire 5/6 ans que je me questionne et que j’opère des changements. Rien n’est impossible ça prend juste du temps pour trouver son propre équilibre, parfois des années on est tous différents mais le chemin en vaut la chandelle.

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  2. Très intéressant ton article !
    Moi aussi quand j’ai appris à manger pour vivre, j’acceptais déjà plus mon corps comme il était. Et quel bonheur de manger des choses non transformés, redécouvrir le vrai goût des choses. Avant comme toi je ne m’intéressait pas à l’alimentation. Il fallait que ça aille vite et que ça soit pratique

    Par contre je ne suis pas d’accord quand tu parles d’étiquettes végétarien/végétaliens car ce n’est pas un caprice ou une tendance mais la volonté de ne plus participer à la souffrance animale. De plus si l’industrie de la viande cessait, il y aurait beaucoup plus de ressources pour nourrir la planète car pour nourrir le bétail il faut une quantité énorme de céréales.
    Pardonne moi si jamais j’ai mal compris ce que tu voulais dire ^^

    Bonne journée

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    1. Je te rejoins à 100% pour la souffrance animale et la consommation de produits animaux. C’est juste les étiquettes qui enferment dans des cases qui ne favorisent pas la tolérance qui me désespèrent… merci pour ton retour j’adore pouvoir avoir des points de vue différents.

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