Hygiene alimentaire, Naturopathie

LE JEUNE : EXPERIENCE PERSONELLE

Fascinant jeûne. Au travers de mes recherches, lectures, visionnages, discussions il m’a paru clair que le jeûne était plus qu’une simple expérience. Les bénéfices sur la santé sont exceptionnels et documentés. Mais surtout il représente à mes yeux une solution, une solution à l’excès. Jeûner c’est, outre l’absence de nourriture, l’obligation de faire face à l’absence de nourriture. Qui dit faire face, dit conscientiser, comprendre, expérimenter, réfléchir, relativiser.

Il y a débat. Il y a jugement. L’idée même de s’offrir le cadeau de rompre avec une suralimentation que l’on oublie puisque l’on ne connaît que l’abondance renvoie la peur. La peur de la faim, la peur du manque. L’image de la privation alimentaire renvoie systématiquement à la perte de poids, les régimes minceurs, les pathologies alimentaires. Vouloir s’octroyer une pause dans une société consumériste c’est être malade. Tandis qu’une partie du globe souffre de la faim. Ambivalence.

L’action de jeûner n’en est pas une. C’est l’inaction de se nourrir durant un à plusieurs jours. Seul, en groupe, mais toujours suivi. Il est important avant de se lancer d’avoir un avis, en effet le jeûne n’est pas adapté à tous, notamment interdit aux enfants, femmes enceintes et organismes et/ou psychismes fragilisés sous traitements. Je le déconseille fortement sans préparation et surtout si votre seul objectif est la perte de poids (sauf en cas de surpoids pathologique). En effet un jeûne long peut entrainer une perte de 10% du poids corporel.

Il existe différents types de jeûne :

  • jeûne sec : aucun apport même hydrique ;
  • jeûne complet : avec apport d’eau uniquement ;
  • jeûne hydrique : avec apport de liquides comme eau filtrée, tisanes aux propriétés adaptées (élimination, détox, détente,…), jus vert maison, bouillon de cuisson des légumes ;
  • jeûne intermittent : une journée par semaine par exemple ou encore de midi la veille à 11h le lendemain (une fois par semaine également) ;
  • Mono diètes : pas vraiment un jeûne à proprement parlé mais une « pause » alimentaire qui permet tout de même de mettre son organisme au repos, elle peut être un bon point de départ avant d’entamer un jeûne long ;

Dans tous les cas je rappelle qu’il est important d’être conseillé et suivi et de veiller à la qualité des aliments choisis : qualité de l’eau (filtrée), qualité des jus (légumes et fruits issus de l’agriculture biologique), il en va de même pour les tisanes.

Une des raisons pour lesquelles j’ai décidé d’entamer un jeûne est tout simplement le fait que j’en ressente le besoin. Avant même les fêtes de Noël j’en ai eu besoin. Je ne me suis pas écoutée. J’ai enchainé sinusite, syndromes grippaux, fièvre, herpès sur une belle grosse semaine avant les fêtes et un joli rhume pour la fin de l’année. Le fait que cela se déclenche alors que ma petite voix intérieur me chuchote : mets toi en pause, me fait sourire maintenant. On a le don de ne pas s’écouter. De plus pendant une période de l’année où le sucre, une cuisine riche et le champagne (pour ne citer qu’eux) s’invitent copieusement à nos tables. Je le sais depuis plusieurs temps maintenant que je ne me retrouve plus dans ces rituels familiaux et pourtant j’ai toujours plaisir à les vivre, je les attends même. Je pense juste qu’il est possible de les vivre tout aussi intensément en étant plus conscient. A me relire on dirait qu’on a passé quinze jours sous le fromage et la charcuterie. Je vous rassure ce n’est pas le cas mais cependant étant ancré maintenant dans une hygiène de vie qui tiens plus d’une philosophie et d’une éthique donc indissociable de ma personne, le moindre retour à l’industriel me balai d’un revers. Puisque c’est tout mon être qui rejette une partie de ce système.

La seconde raison est de vouloir me reconnecter à ma faim. Comme vous le savez, aujourd’hui refuser le tout prêt demande un réinvestissement en cuisine. Ce temps est précieux pour moi, ma cuisine c’est mon ashram, j’aime y passer du temps, je pense même qu’il s’agit d’une activité méditative dans mon cas. Cependant manipuler ces aliments, les sentir, les goûter, les associer, éveille les sens, mais aussi dans mon cas me fait me sentir privilégier, peut être trop. C’est l’abondance que l’on peut s’offrir en terme de nourriture qui me questionne. Peu importe mais dans ma situation j’ai perdu ma sensation de faim. Je suis plus tournée vers le besoin de mes enfants de se nourrir que j’en oublie ma faim. Et la distance entre gargouillis, manque de sucre et faim est grande. Si grande.

Enfin la dernière raison c’est l’expérience. J’ai besoin d’expérimenter, toujours. Lire, et vivre. Et bien évidemment bénéficier de ses vertus, de la même façon, que l’on nettoie sa maison, son frigo, sa poubelle que l’on vide il en est de même pour notre corps. Mettre au repos ses intestins et leur permettre une régénération cellulaire, détoxifier le foie, un pancréas au repos, un estomac non-inflammé, éclaircir le teint, voir pour ceux qui en ont besoin, faire baisser le taux de cholestérol, la tension.

J’ai décidé de rencontrer une naturopathe pour l’occasion. Et c’est avec ses précieux conseils et sa présence en cas de besoin que j’ai entamé un jeûne de 5 jours avec 2 jours de ré alimentation progressive. Dans certains cas une préparation au jeûne est aussi conseillée. Pour le mien mon alimentation est déjà dépourvue de produits raffinés, industriels, produits carnés,… Et essentiellement constitué de fait maison, légumes et fruits de saisons, céréales, légumineuses en tout genre, herbes aromatiques, épices, œufs (de nos poules, heureuses, libres et soignées), de fromages de chèvres bio et/ou locaux, oléagineux, huiles végétales, laits et crèmes végétales, parfois petits poissons comme maquereaux et sardines (on privilégie les produits qui œuvrent pour une pêche raisonnée même si tout est relatif). Je peux passer de longues périodes sans apport d’œufs, fromages ou poissons donc je me supplémente en vitamine B12. Pour le thé et les infusions nous préférons la plante déshydratée trouvée au vrac ou bien en pochette carton recyclable mais adieu les sachets. Et puis en de rare exception, du vin, un bon vin rouge. Ca permet de faire le point parce que vous me demandez souvent : végétarienne? végétalienne? Je dirai avec du recul plus méditerranéenne.

Ce sera donc un jeûne hydrique

La journée type : un verre d’eau au réveil puis une boisson chaude pour réveiller en douceur l’organisme (infusion ou bouillon de légumes), de l’eau dans la journée puis, dans mon cas avant d’entamer mes activités de la journée, aux environs de midi (ca peut être avant ou après en fonction de mon ressenti) un jus vert. De nouveau une infusion en fin de journée, un verre d’eau à côté du lit pour boire des gorgées en cas de réveils nocturnes et au petit matin rebelote.

Recettes de jus vert qui m’ont fait du bien ces cinq jours :

  • Celeri, pomme, citron ;
  • Fenouil, pomme, citron ;
  • Epinards, persil, poire ;
  • Carottes, épinard, poire.

L’activité physique est essentielle pendant un jeûne. Rien de violent mais une activité quotidienne afin d’être stimulé, d’agir sur la circulation sanguine, l’oxygénation des tissus et surtout la circulation lymphatique. Le système digestif apprécie également d’être mobilisé pendant cette période d’accalmie. Donc on oublie les journées clouées au lit, même si le repos est essentiel pendant ce laps de temps. L’idéal reste la marche ou le yoga.

Se recentrer sur soi, c’est à dire s’observer avec humilité, renouer avec des plaisirs doux et simples qui cajolent , permettent à l’esprit de prendre un peu le large pour sortir des petits tracas que peut induire un jeûne long. Lecture, massage, yoga, méditation, dessins ou loisir créatif de votre choix, marche en pleine conscience, bains et douches chaudes, toutes portes ouvertes qui vous appelle vers le bien être qui vous correspond. C’est un temps d’introspection qui doit être vécu le plus sereinement possible.

Je conseille de vous tourner vers des équipes de professionnels comme l’association « jeûne et randonnées » afin d’être au vert pendant quelques jours, entourés avec d’autres jeûneurs et la présence d’encadrants pour vous écoutez, motiver, rassurer, accompagner.

Ici voilà un bilan de mes cinq jours :

  • Jour 1 : Psychologiquement la plus dure, c’est comme arrêter de fumer on sait que l’on ne va pas avoir sa dose quotidienne, c’est la journée où j’ai le plus ressenti la faim que je lie plutôt au manque de sucre ;
  • Jour 2 : Ca va, je suis lancée et motivée, j’ai déjà fait des mono diètes donc je me dis que 2 jours c’est facile je suis bien occupée donc la journée suis son cours ;
  • Jour 3 : Réveil difficile, fourmillements dans tout le corps, nausées importantes, sensation de faiblesse je me dis qu’il faut que je mange, que ce n’est pas normal, c’est typiquement le moment où l’on a envie de tout laisser tomber. Bienvenue à la crise d’acidose ou « effet rebond » ou encore crise curative. C’est cette étape qui annonce le début de l’élimination ou désintoxication. C’est justement ce moment qu’il faut passer car après tout est plus simple. Elle est plus ou moins violente en fonction des individus, d’où l’importance d’être suivi. Pour ma part c’est l’apport de boisson chaude qui m’a fait du bien.
  • Jour 4 : la faim a disparue, je bois même mon jus en deux fois parce que je n’en ressens pas le besoin et de petites gorgées d’eau toute la journée.
  • Jour 5 : Réveil plus facile que les autres jours. J’ai du mal à me bouger mais le soleil, la neige et les enfants sont une source de nourriture prodigieuse. De plus j’arrive à mon dernier jour donc je suis fière de moi. Un jus plus tard et la journée est lancée.
  • Jour 6 : réintroduction de l’alimentation progressive

Ce que je retiens personnellement c’est que c’est tout à fait possible et réalisable, qu’il faut dépasser la peur des autres qui est le reflet sociétal du point de vue sur le jeûne qui reprends souvent les mêmes points (perte de poids, caractère dangereux de l’absence d’alimentation solide, stress physiologique engendré – qui est cependant réel mais bénéfique dans ce cas précis-) et être suivis. Le jeûne est présent instinctivement dans le règne animal, dans toutes religions, l’a été dans de nombreuses civilisations, est reconnu en prophylaxie ou jeune thérapeutique dans de nombreux pays. 5 jours par an sur 365 dans mon cas précis est tout à fait relatif.

J’ai continué à faire à manger à ma famille, à voir les aliments, les toucher, les cuisiner, les sentir, je les ai regardé, choisi, mangé et les mots qui me viennent sont : bénédiction, félicité, merci. Merci à toute l’énergie fournie par chaque être qui œuvre pour que l’on puisse manger à notre faim. C’est une chance incroyable, et s’offrir cette abstinence sur quelques jours en plus des propriétés curatives est aussi une forme de respect à la faim qui subsiste dans le monde. Si on avait tous réalisé qu’il était en notre pouvoir de consommateur de changer les choses alors ca ne prendrait que quelques décennies mais je n’y crois pas,  je n’y crois plus. Un être qui s’abstient de consommer reste une utopie, il faut déjà œuvrer pour soi et « tenter » de montrer l’exemple. Enfin bref petite glissade anticapitaliste.

J’ai été également bien entouré, le choix de le faire à la maison se discute aussi en famille. Un mari qui accepte, comprend la démarche et la soutiens, des enfants à qui l’on explique pourquoi maman est à table mais ne mange pas sont des atouts précieux pour le réussir au mieux. Ne rien avoir de prévu, pas de semaine de travail surchargé ou d’invitations à l’extérieure sont aussi des conseils de bon sens.

Je vous laisse quelques liens de lectures ou vidéos qui peuvent être intéressantes afin de vous faire votre propre avis sur le jeûne. Pour ma part je suis une convaincue comme vous le voyez mais le jugement que vous pouvez avoir ou les avis négatifs sont toujours source de bons questionnements donc n’hésitez pas à vous renseigner.

Je vous préviens il en existe une panoplie très large. Mais voilà des liens intéressants :

 

 

Et une semaine après alors? Il est toujours plus facile de reprendre une alimentation normale que de jeûner et une semaine après rien n’a changé en apparence. N’étant pas en surpoids, les kilos partis du faite d’une absence d’alimentation reviennent et c’est bien normal. Le transit se remet en place. L’état de la peau est clairement améliorée, le sommeil aussi. Et je termine l’expérience avec l’envie déjà de la retenter. Ca ne me fait plus peur. Au fil des années et de l’expérience je verrai si j’ai agis en prévention. En attendant j’ai décidé de plus m’écouter, de ne plus avoir peur de ne pas passer à table avec mes amours le soir si je n’en ressens pas le besoin et de rompre ce repos alimentaire le lendemain vers 11h. J’ai décidé d’être fière de moi et d’accepter que ce que je fais est une bonne chose et de le revendiquer. C’est ce qui me rend heureuse et mes enfants me le rendent bien. Si ca culpabilise tant pis ce n’est pas le but, ce n’est pas mon travail de gérer les émotions générées chez les autres. Mon cheval de course n’est pas de dire : soit d’accord ou pas avec moi, c’est juste : si ca t’intéresse voilà des idées et des clefs pour se nourrir différemment, se découvrir différemment. Toujours regarder au cœur de soi même, la réponse est souvent là. Donc j’ai jeûner cinq jours, je n’ai pas gravi le Mont Blanc, je n’ai pas « perdu un os », je ne suis pas devenue différente. J’ai juste jeûné cinq jours. Je ne suis pas devenue immortelle ou je n’ai pas rajeuni de 10 ans. Par contre je suis fière de moi.

Et plusieurs semaines plus tard? Si j’avais une autocritique ou autocorrection à m’apporter avec du recul et donc une information importante pour vous pour ne pas faire mon erreur ce serait de penser à bien se reminéraliser après un jeûne ainsi que de se revitaliser. Pour ma part c’était le départ d’un nouveau cycle juste derrière et j’ai tendance à être anémiée, j’ai ainsi ressenti une grande fatigue et j’ai réalisé que si j’avais eu des carences non ressenties avant le jeûne elles étaient forcément plus importante après. Vitamine B12, Vitamine C et Spiruline ont réintégré ma vie et tout est rentré dans l’ordre. N’hésitez pas à en parler au thérapeute qui vous suit. Second point, il est possible de soutenir certains organes important de l’élimination tel que : peau (sudation via hammam ou sauna), système digestif (lavements), poumons (exercices respiratoires, oxygénation via Le bol d’air Jaquier), reins (plantes aux actions drainantes),  et le foie (détoxination via la phytothérapie ou cure du Dr Clark). Je ne vous mets pas de liens volontairement, toutes les informations sont disponibles sur les moteurs de recherches mais un naturopathe sera plus à même de vous renseigner. Vous allez voir débouler ebooks, livres, articles, et produits multiples en tête de gondoles (sève de bouleau, ampoules de radis noirs, infusions diverses portant la mention « DETOX ») puisque le printemps arrive. Alors effectivement c’est le moment de se pencher sur toutes ces informations puisque je suis plus que convaincue des effets bénéfiques de l’action de ‘nettoyer’ son organisme, cependant lancez vous accompagné par un ou une naturopathe si vous voulez aller plus loin qu’un simple rééquilibrage alimentaire printanier. Les plantes et autres techniques de soutien peuvent être puissantes et de mauvaises utilisations peuvent vite vous affaiblir et perturber votre métabolisme. Nous sommes tous et toutes différents donc avec des besoins différents.

Si vous avez des expériences à partager ou des corrections à apporter n’hésitez pas.

Virginie.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s